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L’apiculture pour les apiculteurs à Maurice fait-elle face à un abysse ?

Posted by: Georges Lenferna
Category: Uncategorized

Globalement, la production de miel s’est vu diminuer de 44% – situation dangereuse pour nous les humains.  Ceci est dû à plusieurs facteurs, dont:-

  1. les maladies ;
  2. les acarien parasite qui transmettent des maladies ;
  3. les insecticides, herbicides et fongicides ;
  4. la perte d’habitats et d’alimentations.

A Maurice, les apiculteurs doivent étudier l’environment et adapter la construction de leur ruches afin de prendre en considération les principes fondamentaux des opérations de la colonie d’abeilles.

La ruche doit être construite de façon à épauler les divers taches des abeilles ouvrières qui peuvent être catégoriser comme suit:-

  • Nettoyeuses (1er au 3e jour): Assurent la propreté de la ruche, nettoient les rayons, les cellules et les couvains;
  • Nourrices (3e au 9e jour): Nourrissent la reine, les larves, les jeunes abeilles et les faux bourdons (abeilles mâles), production de gelée royale et désoperculent les cellules contenant les larves;
  • Magasinières (9e jour au 12e jour) : Reçoivent les butins apportés par les butineuses, participent a la fabrication de miel en ajoutant plus d’enzymes, déposent le miel et les pollens dans les alvéoles, désoperculent les cellules contenant du miel dit à maturité;
  • Cirières (12e jour au 18e jour) : Produisent des écailles pour édifier des rayons de pains de miel et des alvéoles ou en réparer grâce à la maturité des glandes cirières;
  • Ventileuses (7e jour au 21e jour) : Agissent comme thermorégulateurs pour garder la température à l’intérieur de la ruche constante aux alentours des 35 oC afin d’assurer les meilleurs conditions pour la fécondation des œufs et le bon développent des larves, maintiennent un courant d’air dans la ruche en battant leurs ailes devant les entrées pour aérer la ruche afin d’évaporer l’eau contenue dans le miel: le miel dit à maturité a une teneur en eau inférieure à 18 %;
  • Gardiennes (15e au 25e jour) : Assurent la sécurité de la ruche contre toute intrusion en surveillant les allées et venues des abeilles butineuses et repoussant les attaques des prédateurs et des parasites tel que varroa, coccinelles, fourmis, mites de cire, abeilles voleuses venant d’une autre ruche, rongeurs, humains, oiseaux prédateurs, etc. . En cas d’alerte, elles recrutent d’autres abeilles en renfort;
  • Butineuses (22e jour jusqu’à la mort) : Recueillent des butins de fleur en fleur et transportent les nectars, les pollens et les propolis jusqu’à la ruche en y ajoutant de l’enzyme (l’invertase), régurgitent les nectars par trophallaxie et transmettent leurs butins aux abeilles magasinières et finalement elles transportent aussi l’eau à la ruche.

Les recherches par Claudia Groh et al., de l’Universite de Wűrzburg en Allemagne en 2004 sur les abeilles européennes (Apis mellifera carnica) ont démontré que la température optimale pour la fécondation des œufs, leurs métamorphoses en larves, le développent normale du cerveau des larves jusqu’a ce qu’elles deviennent des abeilles adultes et de la production maximale des abeilles est de 34.5 ±0.5 degré Centigrade ( oC).  La température ambiante a l’intérieur de la ruche peut varier entre 33 et 36oC mais lorsque la température baisse à 30oC la production d’abeilles baisse elle aussi entre 66% et 73% et à 29oC elle tombe entre 8% et 12 %.  Si la température baisse à 28oC ou dépasse 38oC la production d’abeilles cesse.  L’ouvrière ne vit que quelques semaines il est donc impératif d’aider les abeilles ventileuses à maintenir la ruche à la température optimale de 34.5oC de façon à garder la production d’abeilles au maximum.  L’efficacité et la survie de la colonie est une fonction directe du nombre d’abeilles ouvrières.

La ruche dans la photo ci-dessus n’a qu’une grande ouverture qui rend la tache des ventileuses et des gardiennes difficile, sinon impossible.  Le résultat sera éventuellement une réduction saillante de production d’abeilles. La reine peut pondre 3,500 œufs par jour à condition que la ruche soit de température idéale.  C’est une erreur d’ouvrir les toits des  ruches pour aérer car l’abeille est un insecte à sang froid, et va aussi faciliter l’invasion de coléoptère ; qui est devenu une épidémie importante et néfaste à Maurice.

Les ruches offerte aux apiculteurs pour piéger les acariens négligent l’importance d’une ruche qui est thermiquement efficace pour produire des colonies fortes.  Produire 250 tonnes de miel, 100% bio est un rêve difficile à réaliser dû à la démographie, la surpopulation humaine et surtout le niveau de pollution à Maurice.  Le manque de grandes espaces vertes, de la biodiversité qui sont nécessaire pour les abeilles.   Le manque de  discipline, de contrôle et de connaissance sur l’agriculture organique à Maurice rend la tache impossible pour une production de miel 100% bio.  Pour éviter un désastre, il faut absolument se concentrer à repeupler et multiplier les colonies d’abeilles le plus rapidement possible.

Il est important de noter que plusieurs pays, tel que l’Afrique du Sud et les Etats Unis – la valeur du miel produit représente que 1% de la valeur ajoutée par les abeilles à l’agriculture.  Certains producteurs, tel que les amandiers en Californie, qui utilisent 80% des ruches disponibles dans le pays pendant la pollinisation, finirons par disparaître sans l’aide des apiculteurs.

 

Georges Lenferna,

Apiculteur et Directeur

Domaine des Abeilles.